Comment utiliser l’idéation dans le Design Thinking ?

Henry Ford disait : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est un succès ». Cette citation s’accorde plutôt bien au design thinking et à l’idéation, des process de plus en plus présents dans la stratégie des entreprises.

L’innovation est en effet au cœur de toutes les tendances. Rappelez-vous, il faut réussir le tour de force de se démarquer dans un climat hautement concurrentiel… Oui mais voilà, encore faut-il trouver des idées, et surtout la bonne ! Si pour certains esprits créatifs, les idées fourmillent de manière easy, ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Mais pas de panique : il existe quelques méthodologies pour pallier ce potentiel manque d’inspiration.

Nous vous proposons de découvrir dans ce dossier tout ce qu’il faut savoir sur l’idéation et son utilisation dans le process de design thinking.

Idéation, design thinking, créativité : quésaco ?

Avant d’aller plus loin, il est avant tout nécessaire de (re) poser les bases, et définir quelques notions afin que tout soit clair. Il est en effet assez courant de mélanger idéation, créativité, design thinking… Si la création est en effet le socle commun à ces items, il existe pourtant quelques nuances qui les distinguent.

Go pour quelques définitions.

# L’idéation

L’idéation est un processus qui est utilisé pour trouver des idées et booster la créativité. Cette étape intervient après la phase d’empathie (où les besoins du client sont cernés) et la phase de définition du problème.

Idéation a pour racine le terme « idée » : c’est ainsi l’élément de base de ce concept qui vise à générer, évaluer et trier des idées. Mais son origine serait du fait du philosophe, logicien et économiste britannique John Stuart Mill d’après l’anglicisme « ideation » (rendons à César ce qui appartient à César).

# Le design thinking

Le design thinking, ou « penser le design » pour les adeptes de la langue de Molière, représente  une synthèse de la pensée intuitive et de la pensée analytique dans une démarche de conception créative. Elle a été pensée par Rolf Faste dans les années 80 à l'université Stanford aux États-Unis et vise à développer la créativité en appliquant la démarche d’un designer afin de répondre à un projet d’innovation ou encore à une problématique. Les retours utilisateurs sont très utilisés dans cette approche.

# La créativité 

Quid de la créativité ? Elle représente la capacité à imaginer un nouveau concept, et à l’appliquer. D’autres vont plus loin, à l’instar d’Henri Piéron qui a publié son « Vocabulaire de la Psychologie » dans lequel il définit la créativité comme une « Fonction inventive, d’imagination créatrice, dissociée de l'intelligence, que l'on explore avec divers tests spéciaux et qui n'a avec les QI classiques que de faibles corrélations ».

Les étapes de l’idéation dans le processus de design thinking

Trouver une idée, c’est bien. Mais cela ne vient pas comme ça, tout seul. Et surtout, il faut que l’idée soit pertinente ! C’est pourquoi l’idéation prend forme au cours de diverses étapes car elle est avant tout caractérisée par une divergence, qui offre une multitude de choix. Il est donc nécessaire de structurer tout cela afin de ne pas s’emballer à la première idée venue !

#1 Définition du problème

Avant de trouver une idée, encore faut-il savoir pourquoi vous en cherchez une ! Il faut ainsi commencer par définir le problème auquel vous êtes confronté.

#2 La saturation

Une fois le problème cerné, vous devez chercher toutes les informations inhérentes à ce problème pour savoir ce qui existe d’ores et déjà.

#3 L’incubation

Vous allez analyser toutes les informations collectées et faire des liens entre les éléments afin de commencer à trouver de nouvelles idées.

#4 L’illumination

Une idée prend forme dans votre cerveau de manière inattendue. C’est l’illumination ! Pensez à bien la noter afin de ne pas la laisser s’échapper.

#5 La vérification

Il faut bien évidemment vous assurer que l’idée qui a surgit est bel et bien efficace. C’est également l’occasion de l’améliorer et de corriger certains points.

Les techniques pour faciliter le travail des méninges

Pour mettre en œuvre un atelier d’idéation efficace dans le cadre du design thinking, il est important de réunir une équipe en interne et de la mobiliser autour d’une méthodologie collaborative dans une ambiance de bienveillance et d’ouverture d’esprit. Le jugement n’a en effet pas sa place dans l’idéation, au risque de freiner la créativité de tous les participants !

Petite parenthèse : faire appel au design thinking et à l’idéation vont d’une part servir les intérêts de l’entreprise par la naissance d’idées innovantes, mais cela va également motiver les troupes : selon une étude réalisée par le cabinet d’analyse Markess, 86% des RH s’accordent à souligner l’importance des collaborateurs. Le lien avec notre sujet ? Les salariés sollicités pour donner leur avis et trouver des solutions innovantes vont se sentir écoutés, reconnus, investis dans la vie de l’entreprise. En découle un sentiment d’appartenance plus fort, ainsi qu’une motivation boostée et un esprit d’initiative plus grand. Et ces points sont de très beaux avantages pour l’entreprise. CQFD.

Pour en revenir à nos moutons, voici quelques exemples de méthodologies qui permettent de mettre en place des ateliers d’idéation.

#1 Le brainstorming

Pour une bonne séance de brainstorming (ou remue-méninges), il faut la limiter à 30/45 minutes et veiller à ce que l’équipe reste focalisée sur la problématique (un animateur est un garde-fou impératif qui va poser des questions afin d’aller encore plus loin).

Il existe un brainstorming direct, qui consiste à générer en vrac toutes les idées possibles, et l’inversé, qui lui cherche à comment causer le problème et non le résoudre : une fois que l’équipe sait comment causer le problème, elle va pouvoir plus facilement réfléchir à comment le résoudre.

#2 La carte mentale

Une carte mentale va aider l’équipe à visualiser les différentes relations entre les idées. Il est possible de l’afficher sur un tableau avec des couleurs différentes pour mieux voir les changements.

#3 La technique de transmission en groupe (Group passing technique)

Cette technique est plus adaptée aux petits groupes : un participant note une idée sur un papier, qu’il donne à son voisin, qui va lui-même la lire et l’enrichir, pour ensuite la faire à voisin, etc. Tout le monde a ainsi contribué à l’idée.

Une fois les idées trouvées, il faut alors les affiner et sélectionner les plus pertinentes. Là encore, plusieurs techniques s’offrent à vous. S’il est possible d’effectuer un vote collectif afin de classer les idées, le diagramme d’affinité est plus conseillé surtout si vous avez collecté beaucoup d’idées.

 

Egalement appelé méthode KJ, en hommage à son créateur japonais Jiro Kawakita, le diagramme d’affinité est un outil de convergence. L’objectif est de regrouper les idées en familles qui seront alors nommées. Il faut alors pousser au dialogue, au débat, afin d’analyser et de hiérarchiser les résultats obtenus jusqu’à finaliser un consensus.

L’idéation peut offrir de nombreux avantages à votre entreprise. Mais pour cela, vous devez prendre le temps pour mettre en place les ateliers les plus adaptés à votre structure. Le dynamisme, l’écoute, le partage, la bienveillance sont des éléments cruciaux de cette approche qui vous apportera alors des solutions innovantes et différenciatrices.

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